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Les Saintes Terre-de-Haut

LE FUTUR DES ILES DU SUD – TERRE-DE-HAUT

© NOUVELLE Semaine. N291 – du 22 au 28 Janvier 2016

Terre-de-Haut, figure de proue du tourisme

Réputée comme étant l’une des plus belles du monde, la baie de Terre-de-Haut attire plus de 300 000 touristes et plaisanciers par an. Pourtant la commune qui fait le charme de l’archipel guadeloupéen, demeure handicapée par sa double insularité. Elle rame pour maintenir son budget à flot et obtenir l’aide des collectivités majeures, jusqu’ici peu enclines à soutenir les investissements nécessaires à la consolidation de son développement touristique.

MaisonbateauTDHSi l’emblématique maison bateau se refait une beauté tous les ans, ce coup de peinture annuel ne masque pas les nids de poule formés dans la route, ni l’usure manifeste des infrastructures de l’île de seulement 12 km2. Cependant, l’accueil des 1715 Saintois, et le patrimoine naturel exceptionnel de Terre-de-Haut, dissimulent les dommages du temps et sauvent la réputation des Saintes. Les touristes sont de plus en plus nombreux à venir découvrir la commune aux maisons aux toits rouges, dans la baie mondialement connue. Désormais, ce sont chaque année plus de 300000 visiteurs et plaisanciers qui s’ancrent à Terre-de-Haut, pour une journée ou quelques nuits. La commune détiendrait 25% de la capacité d’hébergement de la Guadeloupe. Malgré son attrait et ses atouts, Terre-de-Haut est aussi handicapée par sa double insularité, en partie en raison de l’absence de continuité territoriale. “Ni le département, ni la Région, ni la communauté d’agglomération ne nous aident à soutenir financièrement notre politique de développement touristique. Ils ont toujours d’autres priorités. C’est pourquoi j’ai intenté une action en justice, il y a deux ans, pour sortir de la CASBT. Maintenant, Ary Chalus semble avoir compris les enjeux des îles du Sud. Mais aura-t-il les moyens d’accompagner nos projets ?”, s’interroge le maire, Louis Molinié, à la tête de la commune depuis 15 ans.

C2DT caduc

Il a déjà quasiment fait une croix sur les 22 opérations programmées dans le cadre du fameux C2DT. Alors qu’il avait l’espoir d’investir 22 millions d’euros dans sa commune entre 2017 et 2019, le contrat n’a pas été effectivement signé par l’ancien président de Région, contrairement aux neufs premiers contrats de la première vague, finalisés en juillet 2015. Celui de Terre-de-Haut est donc, pour l’heure, caduc. Dans la mesure où Ary Chalus doute de la soutenabilité financière de l’ensemble des C2DT, Louis Molinié s’est résolu à faire avec son budget de seulement 4,2 millions d’euros, durant les deux prochaines années. Afin de ne pas creuser son déficit de 4 millions d’euros, il dispose d’une capacité d’investissement quasi nulle pour entretenir sa commune, maintenir la qualité de vie de ses administrés et consolider son développement économique. “Nous n’en serions pas là si nous avions eu le département et la Région à nos côtés pour réaliser des opérations nécessaires comme la place du Plan d’eau. Elle nous a coûté 1,4 million d’euros, et nous avons obtenu moins de 200000€ de subventions, dont 120000€ de l’État et 25000€ du sénateur Cornano”.

Attirer les touristes d’affaires

MolinieCTIGLouis Molinié est plus que conscient de devoir, comme à son habitude, poursuivre sa route en solitaire, avec une marge de manoeuvre étroite. Pugnace, il s’apprête encore à batailler sur la question des transports, qu’il juge mal organisés et n’assurant pas pleinement la continuité territoriale. “Il faut exiger des armateurs qu’ils offrent davantage d’amplitudes horaires, avec des départs échelonnés tout au long de la journée”. La municipalité aspire également à mieux valoriser son patrimoine architectural et naturel, avec la mise en place de panneaux de signalisation et d’information sur les sites touristiques. Elle souhaite aussi enfouir les câbles électriques, afin qu’ils disparaissent de la vue et des clichés des touristes. “Nous aimerions aussi bâtir une salle de conférence destinée à accueillir des colloques, et cibler une clientèle d’affaires, qui dépense davantage”. Loin de tout bétonnage, interdit par le plan local d’urbanisme, le maire et les Saintois veillent à préserver la quiétude et le charme de Terre-de-Haut, sans pour autant perdre de vue le potentiel touristique et économique de l’île.

Karen Brun

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